Editorial : une formidable régression

On parle beaucoup actuellement dans les milieux politiques de la réforme des collectivités locales et de la taxe professionnelle que veut imposer Sarkozy. Beaucoup croient qu’il ne s’agit que d’une affaire de spécialistes. Il n’en est rien.
Elle a un but politique précis.
Appauvrir les collectivités locales, et restreindre leurs marges de manœuvre revient à mettre en pièces le pacte national de solidarité qui remonte à la Libération.
Premier acte : depuis 2002, l’Etat s’est lui-même volontairement appauvri, avec la réforme de l’impôt sur le revenu menée par Villepin et avec le bouclier fiscal instauré par Sarkozy. Ces décisions, qui n'ont profité qu'aux contribuables les plus riches, représentent en 2009 un coût de 24 milliards d’euros.
Du coup, depuis plusieurs années, l’Etat ne tient plus ses engagements financiers auprès des collectivités locales. Ainsi, pour 2009, le rapport Klopfer estime à 20 millions d’euros ce que l’Etat doit aux Hautes-Alpes.
Deuxième acte : le projet de réforme actuel. Les collectivités locales se voient priver de nombreuses compétences, et perdent quasiment leur autonomie financière, la taxe professionnelle étant remplacée par une dotation de l’Etat. Conséquences qui risquent d’être catastrophiques pour le secteur associatif, qui ne pourra plus être soutenu que par les communes, qui, elles, ne roulent pas sur l’or.
Au total, on prendra l’argent dans la poche des habitants. Le forfait hospitalier va encore monter, les prestations aux handicapés et personnes âgées vont encore baisser, bientôt on ne pourra plus financer le transport scolaire etc.
C’est tout simplement la société libérale avancée qui s’installe. Un vrai séisme économique et social en forme de formidable régression.
Ne les laissons pas faire.

